Nouveaux objets archivistiques identifiés

   Beaucoup de monde est venu assister aux interventions toutes plus intéressantes les unes que les autres qui se sont tenues dans la salle Temple, lundi après-­midi. Six interventions et pas moins de 10 intervenants ont évoqué les nouveaux enjeux de notre métier et les nouveaux outils à développer. Petit récapitulatif de la session …

Sarah Cadorel et Odile Gaultier­-Voituriez ont ouvert le bal en nous présentant les vertus de l’enquête qualitative, nouvelle unité intellectuelle. Archipolis est un outil très utile pour le référencement, la collecte et la préservation d’archives d’enquêtes numérique ou papier. BeQuali quant à lui est une banque d’enquête. Le rôle de l’archiviste dans tout ça ? convaincre les chercheurs de nous laisser récolter leurs archives, les sensibiliser et les accompagner mais aussi endosser le rôle de l’élève et se laisser guider pour la sélection, la collecte et la description. Sarah Cadorel nous propose une solution : approcher les chercheurs à l’âge de la retraite c’est les sensibiliser plus facilement à laisser une trace autre que leurs publications.

Place ensuite à Simon Côté-­Lapointe qui nous présente son projet de création à partir d’archives. L’intitulé du forum prend tout son sens avec Archivoscope dont le but est de créer des vidéos expérimentales à partir d’archives d’institutions québécoises. C’est le fruit d’une véritable collaboration avec les archivistes et aussi une requête plutôt inhabituelle. Nous avons pu visionner trois vidéos dont une en avant­-première portant sur Montréal et la Grande Guerre (voir liens ci-dessous). Cette métamorphose des archives renvoie aux enjeux d’accès et de réutilisation des documents. Globalement la réaction de la part des archivistes est positive mais un auditeur a toutefois soulevé un autre problème : où finit l’archive et ou commence l’œuvre artistique ? Un sujet passionnant !

https://t.co/XPF9ZAk8ah

https://t.co/5clFwZzXNn

Restons dans le monde de l’art avec le projet Anarchive présenté par Anne-­Marie Duguet et Nicolas Thély. Anarchive (= 1 archive) permet de travailler avec des artistes qui produisent leurs propres archives. C’est un véritable projet de création originale qui dépasse l’idée de la simple interface. Anarchive existe depuis 1999 et a conduit 7 projets. Malheureusement, Anarchive est aussi confronté à l’obsolescence.

Les archives vues par les chercheurs, c’est le sujet de Margot Georges et Magalie Moysan, doctorante à l’université d’Angers. Leur but est d’étudier l’impact de l’informatique sur les archives pour les chercheurs en sciences médicales et pour l’une et en sciences du végétal pour l’autre. Il en ressort que les archives sont plutôt associé aux termes de « preuves » et « mémoire », soit une définition historique, classique ! La volonté de conservation est bien présente mais les deux étudiantes ont souligné le fait qu’il n’y avait pas de conscience de l’archivage, plutôt une notion de sauvegarde. Il semblerait que l’archiviste ait encore pas mal de boulot auprès des chercheurs !

On en a pas toujours conscience mais nos tweets sont aussi des archives ! Antoine Courtin s’est interrogé sur les méthodes et objectifs de l’archivage du web social. Au total, c’est 5 milliard de pages toutes dynamiques et en lien les unes les autres donc difficile à archiver sans contextualisation. Véritable challenge donc puisqu’il faut faire face à l’accroissement du volume des informations, l’apparition et disparition constantes des plateformes de réseaux sociaux numériques, la diversité des formats … La mise en place d’une politique d’archivage est bien complexe : étant donné que Twitter est conversationnel, vaut-­il mieux conserver un hashtag qui se rapporte à un événement ou plutôt archiver les tweets d’un compte utilisateur ? La BNF, National Archives ou Archives-­It ont commencé à archiver les réseaux sociaux mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Heureusement la plateforme DocNow permet de récupérer les contenus des réseaux sociaux ou du moins essaye !

Francesca Musiani et Valérie Schafer sont restées dans la continuité de la thématique en nous parlant plus largement des archives du web. Un objectif : ouvrir la boite noire du web. Archiver un site web c’est prendre en compte sa constitution, sa mise en ligne, les liens, sa vie et prendre en compte sa postérité à travers un travail de conservation et documentation. Grâce aux Science and Technology Studies, on peut approcher l’agencement et agentivité du site web. Il y a tout de même des freins à l’archivage à cause de pages et intranet protégés par exemple et des capacités techniques à prendre en compte. La gouvernance de l’archivage du web repose sur des parties prenantes aussi bien du secteur public que du privé : BNF, INA, Google… Il y a aussi des enjeux politiques et géopolitiques à prendre en compte et garder à l’esprit que des choix sont fait quant à ce qu’il faut archiver (la BNF et ArchivesTeam n’ont pas les mêmes critères par exemple) et des quotas sont mis en place. Bref… encore beaucoup de chemin à parcourir et de défis à relever pour la profession !!

Delphine, pour les meta/reporters

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